SFDR 2.0 : analyse des réponses à la consultation publique

L'équipe Expertise de Weefin a analysé l'ensemble des 43 réponses produites par des acteurs de l'écosystème de la finance durable dans le cadre de la consultation publique sur le SFDR 2.0. Voici les principaux points à retenir.
SFDR 2.0
Rédigé par
Publié le
27/5/2026

Suite à la publication de la proposition de révision de SFDR le 20 novembre 2025, la Commission Européenne a lancé une consultation publique, ouverte du 15 décembre 2025 au 06 avril 2026 (ici la réponse de WeeFin). Une étude des PRI menée entre novembre 2025 et Janvier 2026 montre que 75% des signataires ayant répondu à leur questionnaire portant sur SFDR 2.0 (43 acteurs) sont satisfaits ou très satisfaits de la proposition de la Commission. Pour comprendre plus en détail la position des acteurs de la Place vis-à-vis de ces futures évolutions réglementaires, WeeFin a mené une analyse des principales tendances émergentes de leurs réponses à la consultation :

Le système de catégorisation  

Le seuil de 70% 

L’introduction d’un seuil minimal de 70% a globalement été bien reçue de la part des acteurs financiers. Cependant, une clarification des méthodes de calcul reste attendue, en particulier de la part des acteurs opérants dans les fonds immobiliers et infrastructures (DGB, ZIA) ainsi que pour les fonds de fonds (Allianz). 

La catégorie Transition

→ Les exclusions sur les hydrocarbures et le charbon au sein de la catégorie Transition fait débat. Certains acteurs estiment que ces secteurs très émetteurs nécessitent des financements importants afin d’entamer ou de poursuivre leur transition. Cette exclusion les priverait alors d'opportunités de financement (Amundi, Franklin Templeton, Allianz, GBIC, France Assureurs). 

→ Les acteurs financiers attendent également des clarifications quant à la définition de la crédibilité des plans de transition (FIR, Mirova, CECA). Des indicateurs spécifiques pourraient ainsi être introduits pour assurer la transition des acteurs concernés (European Public Real Estate Association). 

→ Les fonds immobiliers ou infrastructures attendent également des précisions sur la manière dont les exclusions pourraient s’appliquer à leurs types d’investissement (ZIA, DGB). Certains acteurs (Eurosif, Mirova, France Assureurs) recommandent par ailleurs l’introduction de critères spécifiques selon les différentes classes d’actifs. 

La catégorie ESG Basics 

Plusieurs acteurs s’inquiètent du périmètre de cette catégorie, jugée trop vaste et peu discriminante (FIR, Association of real estate fund, Mirova, CECA). Le FIR met en avant l’introduction d’indicateurs pour mesurer la performance des entreprises ainsi que des stratégies d’engagement mieux définies. 

Les obligations de publications d’informations 

Les PAIs

Les avis sont plutôt mitigés quant à la suppression de l’obligation de publication des PAI au niveau entité. D’un côté sa suppression est appréciée des acteurs, réduisant ainsi la complexité du reporting et la simplification des procédures par rapport au reporting CSRD (Allianz). Cette réforme est particulièrement soulignée par les acteurs des fonds immobiliers ou infrastructures (ZIA, DGB) ainsi que par les acteurs bancaires (CECA). De l’autre côté, son absence inquiète quant à la bonne réalisation d’une analyse des impacts négatifs environnementaux de la part des entités (FIR, Eurosif, Mirova, France Assureurs). Le FIR recommande ainsi de conserver le reporting des PAI au niveau entité en réduisant cependant le nombre attendu. 

Cette dualité est également présente dans l’étude des PRI qui révèle que si 82% des répondants sont satisfaits de la suppression de l’obligation de publication des PAI au niveau entité, 55% attendent cependant qu’un minimum d’indicateurs soit maintenu au niveau entité. 

RTS - SFDR niveau 2

De nombreux acteurs appellent à la finalisation des RTS avant d’entamer la période de transition de SFDR 2.0, indiquant que la révision de SFDR ne peut pas se faire sans la publication complète des RTS. 

L’introduction des labels dans les templates des annexes

Plusieurs labels européens (FNG, Nordic Swan, Towards Sustainability, LuxFlag) appellent à l’introduction d’une mention spécifique pour les labels européens qui demandent déjà des exigences particulières concernant les investissements, les exclusions ou le reporting. Cette opinion est également partagée par des acteurs bancaires (FBF)

Le périmètre d’application

Le nouveau périmètre d’application choisi par la Commission ne convainc pas amplement. Plusieurs acteurs appellent à intégrer les produits structurés et les mandats (FIR) et une option opt-out pour les investisseurs professionnels est également mentionnée (ZIA, Franklin Templeton, Allianz, FBF). L’introduction des sovereign “use of proceeds” fait également débat. Certains acteurs apprécient l’introduction des sovereign dans les catégories Transition et Sustainable mais reprochent la limite aux “use of proceed” (FBF, GBIC))

Données disponibles 

Des fournisseurs de données et acteurs assurantiels (Iceberg Datalab, AMICE) s’interrogent sur les conséquences de la réduction du périmètre d’application de SFDR sur la quantité de données disponibles. Des acteurs bancaires (FBF) demandent ainsi l’utilisation d’estimation afin de combler le manque de données, en particulier pour les petites entreprises. 

L'alignement avec les autres réglementations en finance durable

Comme durant la précédente consultation, de nombreux acteurs s’interrogent quant à l’harmonisation de cette révision avec le panorama réglementaire en finance durable, en particulier avec Mifid II et la DDA, ainsi que la directive de l’ESMA sur les noms des fonds. Les acteurs attendent ainsi plus de clarifications afin d’éviter toute superposition dans le reporting attendu.

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