Les risques climatiques ont été, et restent, une priorité pour toutes les institutions financières. Les assureurs sont en première ligne lorsqu’une catastrophe naturelle survient, et la solvabilité des banques dépend directement de la gestion de ces risques. À travers ses activités, WeeFin accompagne les entreprises dans le calcul et la gestion des risques climatiques, et est particulièrement conscient des nombreux défis auxquels elles font face, notamment en matière de gouvernance des données, de méthodologies et d’expertise interne.
Travaillant étroitement avec les plus grands gestionnaires d’actifs européens ainsi qu’avec de nombreux fournisseurs de données, WeeFin a acquis les compétences requises pour aider les institutions publiques à développer leurs politiques.
Ainsi, WeeFin a répondu à la consultation de la Banque d’Angleterre nommé CP10/25 - Enhancing banks’ and insurers’ approach to managing climate-related risks.
La consultation, lancée en avril 2025 et clôturée le 30 juillet 2025, s’adresse à toutes les entités régulées par la PRA (Prudential Regulation Authority), à savoir : banques, sociétés de crédit immobilier, compagnies d’assurance, réassureurs et sociétés d’investissement désignées par la PRA.
En 2019, la PRA avait publié un premier ensemble de réglementations sur la manière dont les entreprises devraient intégrer la gestion des risques climatiques. En six ans, des progrès ont été réalisés, mais le besoin de directives plus claires et de propositions renforcées demeure. De nombreuses institutions restent en retrait, notamment en matière de gouvernance, de gestion des risques, d’analyse de scénarios, de qualité des données et de transparence, créant des écarts importants entre les entreprises.
Ainsi, les nouvelles propositions visent à renforcer la résilience des entreprises face à l’urgence croissante du changement climatique et aux chocs associés. Elles adoptent un cadre plus complet et rigoureux, et attendent des entreprises qu’elles intègrent les risques climatiques dans leurs processus clés de gestion des risques, tels que l’ICAAP, l’ORSA et Solvabilité II (Solvency II).
Malgré les défis persistants comme le manque de données fiables et des méthodes en constante évolution, la PRA propose des lignes directrices assorties de flexibilité. Parmi les propositions figurent un meilleur contrôle par les conseils d’administration, une analyse des scénarios renforcée, et une utilisation plus efficace des données climatiques. Aucune nouvelle règle de divulgation n’est introduite, mais les entreprises sont encouragées à s’aligner sur les futures normes de durabilité britanniques.
Le contenu de la consultation est divisé en 7 chapitres incluant : les propositions de la PRA, l’analyse des objectifs de la PRA, l’analyse coûts-avantages, l’analyse « Have Regard », son impact sur les mutuelles et l’égalité & diversité.
En résumé, l’objectif de la consultation est de relever les standards de manière pragmatique, pour soutenir un système financier britannique plus résilient face au climat.
WeeFin accueille favorablement les propositions de la Banque d’Angleterre, qui reconnaissent l’importance d’intégrer les risques climatiques dans la gestion des risques des banques et assureurs. Ces efforts s’inscrivent dans les objectifs ESG plus larges et aident les institutions à mieux mesurer et atténuer les impacts financiers.
En tant que fournisseur de solutions de données ESG, WeeFin soutient fortement l’accent mis sur les données climatiques. Les institutions financières font encore face à d’importants défis en matière de disponibilité, de cohérence et de fiabilité des données. Une gestion efficace des risques climatiques repose sur une gouvernance des données robuste. WeeFin partage la conviction que les entreprises doivent mettre en place des contrôles et processus de validation plus importants pour améliorer la qualité des données et prendre ainsi des décisions plus avisées.
Bien que les propositions promeuvent la flexibilité et la proportionnalité, WeeFin estime qu’un encadrement plus structuré est nécessaire. L’absence de méthodologies, d’indicateurs et de seuils spécifiques peut freiner la mise en œuvre, notamment pour les entreprises disposant de peu de ressources ou d’expertise interne. Sans outils plus clairs, les pratiques risquent d’être incohérentes et la comparabilité des démarches entre institutions réduite.
Les propositions de la PRA reflètent également un niveau d’ambition encore limité vis-à-vis des risques ESG. Si elles ont le mérite d’initier une mise en œuvre systémique et formalisée d’un cadre de gestion des risques climatiques, il sera toutefois nécessaire de l’élargir pour intégrer progressivement d’autres enjeux environnementaux telle que la biodiversité, mais aussi les enjeux sociaux et de gouvernance.
Les propositions manquent de directives pour une intégration efficace des risques climatiques dans les processus décisionnels. Elles se concentrent principalement sur l’analyse des risques et les reportings internes, sans vraiment soutenir les acteurs financiers dans la définition d’objectifs concrets permettant de clarifier les actions à mettre en œuvre pour réduire leur exposition aux risques climatiques et rester compétitifs.
À travers ce document de consultation, la Banque d’Angleterre prend la bonne direction en intégrant les risques climatiques dans les processus des acteurs financiers, afin de leur permettre de mieux les gérer et de garantir leur pérennité.
WeeFin soutient pleinement les travaux et l’ambition de la Banque d’Angleterre, notamment via l’identification de lignes directrices pertinentes. Toutefois, nous pensons qu’il reste un potentiel important à exploiter.
Dans sa forme actuelle, il est nécessaire de clarifier les orientations méthodologiques pour créer des synergies entre les scénarios climatiques et la prise de décision stratégique. WeeFin estime que certaines dispositions pourraient être ajustées afin d’assurer :
- un bon niveau de flexibilité dans l’application des propositions de la PRA ;
- des lignes directrices méthodologiques couvrant l’ensemble des dimensions nécessaires à une identification et une gestion efficace des risques climatiques.
Par ailleurs, cette avancée importante dans la formalisation de la gestion des risques devrait progressivement intégrer les autres dimensions ESG, telles que la biodiversité, les risques sociaux et les enjeux de gouvernance, pour soutenir un système financier plus complet et plus résilient.
Pour lire notre réponse à la Banque d’Angleterre, cliquez ici.